L’éducation aussi est mise à mal par le manque de financement
Bien que l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) porte largement sur le sous-financement des soins de santé et des services sociaux, une large part de cette dernière est aussi consacrée au réseau de l’éducation postsecondaire en Outaouais. En comparant la région à celles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Estrie et la Mauricie, les chercheurs se sont aperçus qu’en matière d’études professionnelles « le nombre de programmes offerts en Outaouais est inférieur à ceux des autres régions administratives ».
L’IRIS démontre également que l’on compte seulement 8,4 étudiants dans un programme d’études professionnelles par milliers d’habitants, alors que la moyenne des autres régions comparables se situe plutôt autour de 14,5 étudiants par 1000 résidents. L’IRIS note aussi que le nombre de programmes d’attestation de spécialisation professionnelle (ASP) est trois fois moins élevé en Outaouais qu’en Estrie et qu’il n’y a aucun cours d’attestation d’études professionnelles qui est donné sur le territoire de la région.
Le constat est similaire pour les étudiants collégiaux et universitaires qui sont bien moins nombreux en Outaouais qu’ailleurs au Québec. Toujours selon l’IRIS, un investissement annuel récurrent d’au moins 140 M$ est nécessaire et permettrait d’ajouter 12 000 nouveaux étudiants professionnels, collégiaux et universitaires en Outaouais, ce qui serait comparable aux données des autres régions du Québec.
Ces investissements généreraient des retombées économiques directes et indirectes de l’ordre de 225 M$ dans l’économie de l’Outaouais, en plus des 52 M$ en taxes, impôts et parafiscalité. Des investissements qui pourraient se faire à coûts nuls pour le gouvernement québécois, mais qui favoriseraient l’essor économique de l’Outaouais, selon l’IRIS.
La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, a profité du dévoilement de l’étude pour aussi réclamer des investissements dans le réseau scolaire primaire et secondaire. Le faible taux de réussite et le manque de programmes intéressants ne sont pas étrangers, selon elle, aux difficultés économiques vécues dans la région :
L’IRIS conclut son étude en indiquant que si le gouvernement injectait les sommes nécessaires au rattrapage en éducation et en santé, la population de l’Outaouais gagnerait en accessibilité des services.