Actualité locale Par Félix-Antoine Parent |

Le CISSS de l’Outaouais refuse des infirmières qualifiées malgré la pénurie de main-d’œuvre

Sabrina-Cyr
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3 min

Aux prises avec des difficultés de recrutement et de
rétention de personnel, le Centre intégré de Santé et de Services sociaux de
l’Outaouais, qui martèle chaque fois qu’il en a la chance que tout est mis en
place afin d’améliorer son offre de services et les conditions de ses employés,
refuse de retenir les services de certaines infirmières.

Plus précisément, le CISSS de l’Outaouais ne fait pas
affaire avec des infirmières  provenant
d’agences privées, si celles-ci étaient auparavant à l’emploi de l’organisation
et qu’elles ont démissionné dans les 24 derniers mois. Les infirmières qui
démissionnent du CISSSO doivent donc attendre 2 ans afin de pouvoir travailler
dans un hôpital de l’Outaouais via une agence privée.

Sabrina Cyr, l’infirmière qui s’est fait connaitre du grand
public en 2018 après avoir compilé les nombreuses difficultés que vivaient ses
collègues dans ce qui est aujourd’hui connu comme le « livre noir des
urgences de l’Outaouais », a été confrontée à cette réalité. Durant l’été
2019, constatant le besoin criant d’infirmières dans la région, elle a demandé
à son employeur, l’agence Expertise 24/7, de la placer à l’hôpital de Gatineau,
elle qui souhaitait aller prêter main-forte à ses anciennes collègues durant quelques
semaines. C’est à ce moment qu’elle a pris connaissance de cette disposition
mise en place dans les dernières années. On écoute Sabrina Cyr :

Selon plusieurs sources contactées par CHGA, cette manière de faire a été instaurée afin d’éviter que des infirmières quittent leur emploi au Centre intégré de Santé et de Services sociaux de l’Outaouais, rejoignent une agence de placement privée, et retournent travailler dans un établissement de santé géré par le CISSS en Outaouais. Le service des communications du CISSS de l’Outaouais a confirmé l’existence de cette mesure, mentionnant du même souffle que des démarches sont présentement en cours afin de revoir cette disposition en raison de la pénurie de main-d’œuvre actuelle. La présidente-directrice générale du CISSS, Josée Filion, confirme cette information :

Le service des communications du Centre intégré de Santé et de Services sociaux de l’Outaouais indique qu’il s’agit de cas isolés. Il est impossible de savoir combien d’infirmières à l’emploi d’une agence de placement privée se sont vu refuser le droit de travailler dans un hôpital de l’Outaouais après avoir remis leur démission.

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